Moment historique au Soudan - Revivez la journée en direct
11 avril 2019- 20h : L'armée demande ce soir aux manifestants de respecter le couvre-feu nocturne dans les rues de Khartoum de 22h à 4h. Des milliers de Soudanais sont toujours dehors.
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- 18h45 : Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, réclame une transition respectant les "aspirations démocratiques" des Soudanais. Dans un communiqué qui s'abstient de condamner le coup d'Etat militaire, Antonio Guterres "réitère son appel au calme et à la plus grande retenue de tous".
- 18h24 : L'Union africaine a affirmé dans un communiqué qu'un coup d'Etat n'est "pas une réponse appropriée" aux défis du Soudan. "La prise de pouvoir par l'armée n'est pas la réponse appropriée aux défis auxquels est confronté le Soudan et aux aspirations de son peuple", a déclaré le président de la Commission de l'UA, Moussa Faki.
- 17h30 : Cinq pays européens et les Etats-Unis demandent une réunion du Conseil de sécurité,présidée par l'Allemagne. Cette session à huis clos devrait se dérouler vendredi et a été demandée côté européen par les cinq membres de l'Union européenne présents au Conseil de sécurité, la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Belgique et la Pologne.
- 17h21 : Les Etats-Unis appellent leurs ressortissants vivant au Soudan à éviter les lieux de rassemblement, notamment le siège des Forces armées soudanaises, devant lequel les manifestants continuent de crier leur désapprobation de ce qu'ils considèrent comme étant un "coup d'Etat". Ils réclament un transfert du pouvoir aux civils.
- 16h30 : Le président turc Recep Tayyip Erdogan espère que le Soudan pourra surmonter pacifiquement son bouleversement par une "réconciliation nationale". Il a aussi appelé les nouvelles autorités à mettre en place "un processus démocratique normal".
- 16h00 : La ministre fédérale allemande de la Défense Ursula von der Leyen (CDU) s'est félicitée du renversement par l'armée du président soudanais Omar el-Béchir.
- 15h16 : L'Égypte dit "soutenir" le retrait du dirigeant d'Omar el-Béchir. Le Caire est "confiant dans la capacité du peuple et de son armée" à gérer l'après-Béchir. Dans un communiqué, le ministère égyptien des Affaires étrangères a exprimé son "soutien total aux choix du peuple soudanais", appelant "la communauté internationale à les soutenir dans cette phase historique cruciale".
- 15h03 : Rejet du "coup d'Etat" : les meneurs de la contestation rejettent le "coup d'Etat du régime" et appellent à la poursuite des manifestations jusqu'au transfert du pouvoir à un gouvernement civil.
- 14h27 : Un cessez-le-feu décrété sur tout le territoire soudanais, notamment dans les Etats en proie aux rébellions comme le Darfour. Le ministre de la Défense a également annoncé un couvre-feu nocturne de 22H00 (20H00 GMT) à 04H00 (02H00 GMT),
- 14h16 : Fermeture de l'espace aérien : les frontières et l'espace aérien sont fermés jusqu'à nouvel ordre, a annoncé le ministre de la Défense.
- 14h15 : Transition militaire de deux ans : un "conseil militaire de transition" va administrer le pays pendant deux ans, a indiqué le ministre de la Défense.
- 14h : L'armée prend le pouvoir : "J'annonce, en tant que ministre de la Défense, la chute du régime et le placement en détention dans un lieu sûr de son chef", a indiqué Awad Ahmed Benawf, ministre de la Défense et vice-président soudanais, dans une allocution à la télévision d'Etat.
- 13h55 : El-Béchir en lieu sûr : le ministre soudanais de la Défense a assuré que le président el-Béchir se trouve dans un lieu sûr. Il est détenu par l'armée.
- 12h55 : Libération des prisonniers politiques : le puissant service de renseignement au Soudan a annoncé jeudi la libération de tous les prisonniers politiques du pays, selon l'agence officielle Suna. Les Soudanais continuent d'attendre une "déclaration importante" de l'armée.
- 10h : Arrestation de membres du gouvernement : plusieurs membres du gouvernement, parmi lesquels l'ancien ministre de la Défense, Abderahim Mahamat, auraient été arrêtés et le président déchu assigné à résidence. L'aéroport de Khartoum a été fermé.
- 9h58 : Destitution du président : Omar el-Béchir, président du Soudan, a été destitué par l'armée. Des consultations sont en cours pour mettre en place un conseil de transition. Des informations confirmées par des sources gouvernementales et un ministre provincial du Nord-Darfour.
Situation économique difficile
Les manifestations pour réclamer le départ d'Omar el-Béchir, au pouvoir depuis son coup d'Etat en 1989, ont lieu depuis décembre dernier. Elles se sont intensifiées ces derniers jours, motivées par la grave crise économique traversée par le pays et la hausse des prix à la consommation.
Le pays est confronté à une inflation de près de 70% par an et fait également face à un grave déficit en devises étrangères. Ce qui provoque des problèmes économiques dans tout le pays, comme l’inflation. Roland Marchal, spécialiste du Soudan au CNRS, Centre national de la recherche scientifique en France, déclarait lundi sur notre antenne:
"Les ressources pétrolières sont au sud. Mais en même temps, compte tenu de la crise politique au sud, le pétrole ne peut pas être exporté dans les quantités dites. Le gouvernement du Nord Soudan touche des royalties sur les exportations qui sont significatives. Et donc, le fait que les exportations se soient réduites de façon importante signifie que le gouvernement de Khartoum ne touche plus suffisamment d'argent contrairement aux espoirs qu'il avait."
Ce jeudi matin, des dizaines de milliers de personnes ont afflué devant le QG de l’armée à Khartoum pour réclamer de nouveau le départ du chef de l’Etat et refuser une transition militaire.
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Les femmes au coeur des manifestations
Bravant les tirs de gaz lacrymogènes, les Soudanaises manifestent depuis le début de la contestation. Alaa Salah est devenue en quelques jours l'une des icônes de la contestation au Soudan. "La balle ne tue pas. Ce qui tue, c'est le silence des gens. J'encourage les femmes soudanaises à sortir en grand nombre dans les rues. Faisons tomber ce tyran. La victoire est à nous!", a-t-elle écrit dans un tweet.
La mauvaise gouvernance du régime el-Béchir
Alors que le soulèvement populaire mettait une forte pression sur le président Omar el-Béchir, le milliardaire Anglo-Soudanais l'exhortait déjà, ce week-end à Abidjan, à démissionner. C'était dans une interview exclusive qu'il a accordée à Fréjus Quenum de la Deutsche Welle, durant le week-end Mo Ibrahim sur la gouvernance. Il met l'accent sur le gaspillage des ressources du Soudan.