L'ombre de Donald Trump plane sur le sommet de l'Otan
9 juillet 2024Les chefs d’Etat et de gouvernement des pays de l’Otan sont réunis à partir de ce mardi soir (09.07) et pour deux jours à Washington. L’Alliance atlantique fête ses 75 ans d’existence. Elle a été fondée en 1949 au début de la guerre froide, afin de protéger l’Europe occidentale face à la menace soviétique.
75 ans plus tard, c’est la guerre que la Russie mène en Ukraine qui dicte l’agenda de l’Otan. Une Alliance qui cherche actuellement à surmonter les incertitudes politiques, notamment liées à la prochaine élection présidentielle aux Etats-Unis.
Washington est le premier contributeur de l’Otan et le premier soutien militaire de l'Ukraine face à la Russie.
Le pays a déjà engagé plus de 50 milliards de dollars depuis le début de l’invasion en février 2022, selon le Pentagone.
La grande interrogation sur l’avenir de l’organisation porte donc sur un possible retour de Donald Trump à la Maison Blanche après la présidentielle de novembre.
Le leadership fragilisé de Joe Biden
Le républicain ne porte en effet pas l’Otan dans son cœur. Il n’avait cessé, pendant son mandat, de dénoncer le déséquilibre dans le financement de l’Alliance lorsqu’il était président, en estimant que les Etats-Unis paient beaucoup trop, là où d’autres pays ne rempliraient pas leurs obligations.
Cette bataille, Donald Trump a déjà promis de la poursuivre s’il était réélu. En février, il a menacé de ne plus garantir la protection face à la Russie des pays membres de l'Otan qui ne paieraient pas leur part.
Aussi, c’est bien le parti républicain qui a bloqué pendant des mois une enveloppe d’aide militaire de dizaines de milliards de dollars à l’Ukraine, préférant utiliser cette guerre comme un levier pour obtenir des concessions des démocrates sur des questions de politique intérieure.
Enfin, si l’Otan craint Donald Trump, l'Alliance assiste aussi à la fragilité de Joe Biden, affaibli dans son propre camp où l’on questionne de plus en plus ouvertement l’état de forme physique et mentale du démocrate, qui brigue un second mandat à l’âge de 81 ans.
Institutionnaliser l'aide à l'Ukraine
Alors, pour tenter de se mettre à l’abri des aléas politiques à Washington, mais aussi dans les autres pays membres, l’actuel chef de l’Otan, Jens Stoltenberg, remplacé en octobre par le néerlandais Mark Rutte, propose de garantir dans la durée un niveau d’aide minimum de 40 milliards de dollars par an à l’Ukraine. Des annonces en ce sens pourraient tomber à Washington.
Par ailleurs, l'Otan veut aussi reprendre la main sur la coordination de cette aide militaire à Kiev, une gestion qui est aujourd’hui uniquement assurée par les Etats-Unis.
Dans l’immédiat, le principal intéressé, l’Ukraine, espère de ce sommet de nouvelles livraisons d’armes, surtout des systèmes de défense anti-aérienne pour protéger ses infrastructures, notamment énergétiques. Hier encore, plusieurs villes ont été durement touchées par des salves de missiles russes.