Les pays européens repensent leurs stratégies militaires
7 mars 2022Depuis la fin de la Guerre froide, plusieurs pays européens avaient pris une distance avec l'idée de renforcer leurs armées. Et puis est arrivée la guerre en Ukraine qui rebat les cartes.
Olaf Scholz, le chancelier allemand, a ainsi annoncé un plan de renforcement de la Bundeswehr à hauteur de cent milliards d'euros, un tournant dans l'histoire du pays.
1 à 2,5 du PIB
La plupart des pays européens dépensent entre 1 et 2,5% de leur PIB en investissements militaires.
Federico Santopinto, chargé de recherche au Groupe de recherche et d'information sur la paix, à Bruxelles, explique sur la DW ce changement stratégique: "Le fait que plusieurs pays veulent augmenter leurs dépenses militaires peut être considéré comme une conséquence directe de la guerre en Ukraine, parce qu'ils ne pouvaient pas imaginer que la Russie pouvait lancer une guerre d'aussi grande envergure au coeur de l'Europe en 2022".
La Russie vue comme un adversaire potentiel de l'Otan dépense jusqu'à 4% de son PIB en armement. Ceci est considéré comme une meance par les Occidentaux qui s'engagent donc aussi dans ce sens.
"Je soulignerais aussi que le Danemark va vouloir augmenter ses dépenses militaires et va vouloir rentrer dans la défense européenne, parce que jusque-là, le Danemark avait ce qu'on appelle le Optout, c'est-à-dire ne participez pas à la politique de Défense commune de l'Union européenne. Il avait décidé en 1992, lors de la ratification du traité de Maastricht, de ne pas y adhérer", explique Federico Santopinto.
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La démocratie face à la militarisation
Jusqu'à présent, les principes démocratiques empêchaient une course à l'armement à outrance. Mais dorénavant, l'Allemagne promet aussi de fournir à l'Ukraine des armes létales. Ronja Kempin, de l'Institut de recherche sur les questions de sécurité et de défense en Allemagne, indique sur la DW que cela passe outre des principes démocratiques de l'Allemagne:
"La convinction de l'Allemagne a toujours été qu'on ne donne pas des armes, qu'on ne vend pas des armes dans des zones de crise, parce qu'on ne veut pas que nos armes contribuent à plus de violence".
Ces derniers jours, plusieurs Parlements, comme en France ou en Allemagne, ont ainsi discuté de l'insuffisance des équipements militaires ou du manque d'entraînement des armées nationales, et appelé à renforcer leurs effectifs